Cathy Aprahamian : Une chanteuse
à la voix rare, accompagnée de
musiciens de talent Suite...
_____ Sourp Vlas dit Saint Blaise : Dès les premiers siècles,
poussés par leur nouvelle foi, les religieux orientaux s'en vont
sur les chemins vers l'Europe. Suite... _____
Chorale de l'école Tebrotzassère : Créée
et dirigée par Haïk Sarkissian depuis 1992constituée
de 30 enfants de 9 à 13 ans.
.Suite...
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Un char calciné gisant sir le bas-côté de la route qui
relie Mardouni à Hadrout, des morceaux de tôles déchiquetées
sous l'effet d'un souffle et ravagées par la rouille, une tourelle de
l'engin renversée dans laquelle poussent quelques coquelicots, des caisses
à munitions éventrées et éparpillées à
quelques mètres de ce qui fut un char azéri. Une scène
qui ne laisse aucun doute quant à la violence de la guerre qui fit rage
dans ces contrées arméniennes de la terre du Haut Karabagh.
Une guerre dont les traces encore visibles, s'effacent chaque jour un peu plus.
La nature triomphant de la folie meurtrière des hommes.
Combien de jeunes soldats Azéris périrent calcinés dans
cet amas de métal transformé en un véritable brasier ?
Combien de combattants Arméniens payèrent de leur vie l'attaque
héroïque de ce blindé envahisseur Azéri ? Nul ne le
sait au juste. Quelques témoignages recueillis auprès des villageois
arméniens laisse à penser que beaucoup d'hommes périrent
dans cette attaque. L'Histoire est passée par là. Elle détaillera
sans doute un jour avec précision les faits dans leur moindre détail.
Mais aujourd'hui une chose est sûre: rien ne rendra les vies des soldats
tant Azéris qu'Arméniens qui se sacrifièrent pour que d'autres
membres de leur peuple vivent sur ces terres.
Car la guerre qui fit rage au Haut Karabagh de 1988 à 1994 était
celle de la vie. Il fallait donc mourir pour cette vie et ce "Jardin Noir"
(Karabagh) dont chaque mètre de terre fertile est imprégnée
de sang et des larmes. Une terre fertile, dont la nature et le temps effacent
toutes les traces des souffrances pour faire refleurir de plus belle la vie.
"Cette terre de l'Artsakh est la plus fertile du pays arménien car
c'est celle qui résiste depuis des millénaires aux envahisseurs.
Chaque pouce de cette terre sacrée est abreuvée par le sang de
dizaines de valeureux Artsakhtsis et de très nombreux envahisseurs. La
présence arméniennes sur l'Artsakh, appelée autrefois l'Oudik
remonte à la nuit des temps, et aujourd'hui avec cette République
du Haut Karabagh, nous pouvons être fiers d'avoir su imposer sur le monde,
notre désir de vivre libres" lance Sergueï Amirkhanian, un
jeune soldat de l'armée du Haut Karabagh.
Menacés une nouvelle fois par l'envahisseur, les Arméniens du
Haut Karabagh -il est vrai largement aidés par de nombreux combattants
volontaires venus d'Arménie- ont su imposer leur paix et gagner le droit
de vivre libres et indépendants. La victoire arménienne du Haut
Karabagh traça par ses actes héroïques la volonté
du peuple arménien à décider de sa vie et de son avenir
collectif.
Avaraïr avait en 451 scellé à jamais le destin chrétien
de l'Arménie. Sardarabad avait tracé la résurrection de
l'Etat arménien après neuf siècles d'absence. La victoire
arménienne du Haut Karabagh est celle de la renaissance du peuple arménien
retrouvé après des années d'oubli. C'est aussi probablement,
la fin d'un rêve pan-touranien. "Après des années de
servitude, nous avons montré aux Turcs que les Arméniens savaient
se révolter et exceller dans l'art de la guerre. Avec cette victoire
arménienne et surtout la sévère défaite imposée
à l'armée Azérie en complète déroute, Bakou
ne cherchera plus désormais à imposer la force sur les Arméniens
du Haut Karabagh. Les Azéris savent aujourd'hui que les Arméniens
excellent dans la défense de leur terre et peuvent même porter
des coups au-delà des frontières du Haut Karabagh si la nécessité
impose de le faire. Pour nous, lors des victoires de 1994 l'armée arménienne
du Haut Karabagh était prête à aller jusqu'à Bakou,
si l'ordre était venu d'en haut..." conclut Sergueï en regrettant
ce feu vert tant attendu des combattants Arméniens, qui n'est pas venu.
Aujourd'hui, une situation de ni-paix ni-guerre semble s'être durablement
installée sur la région. Laissant la nature, effacer les dernières
traces de cette guerre qui fit plus de 30 000 victimes.