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Jeux Olympiques de Sydney
Trois champions olympiques arméniens.... mais aucun titre olympique
pour l'Arménie qui déçoit
Oublions Sydney !
Dans notre précédent numéro (Achkhar numéro 271
du 23 septembre), nous évoquions les premiers résultats, très
décevants des premiers athlètes arméniens engagés
dans ces JO de Sydney, avec l'élimination dès le premier tour,
en boxe, d'un des prétendants au titre olympique, Arthur Guévorkian.
Cette mauvaise performance de sportifs arméniens, devaient se confirmer
également dans la presque totalité des disciplines, et révéler
au cours des jours suivants la méforme et la mauvaise préparation
des athlètes Arméniens. Et si d'aucuns évoquent le concours
exceptionnel de malchances répétées qui s'est abattue sur
la sélection olympique arménienne, force est également
de constater que l'Arménie n'était pas prête à gagner
un quelconque titre olympique à Sydney.
Pénour Pachayan le président du Comité Olympique arménien
nous avait promis plusieurs médailles d'or à Sydney. L'Arménie
est rentrée de Sydney avec une seule médaille de bronze !
Autant dire presque rien. Une Arménie qui se classait au 70ème
rang des nations médaillées, loin derrière l'Azerbaïdjan
qui occupait la 34ème position au tableau des médailles, avec
deux médailles d'or et une de bronze. La Géorgie occupant quant
à elle la 67ème position avec
six médailles de bronze.
La déception est à la hauteur des espérances en Arménie.
Autant dire qu'elle est grande. Très grande même, au point que
le commentateur sportif de la Télévision Arménienne, le
visage fermé ne cachait pas au delà de sa déception, la
grande colère des supporters arméniens et du coup porté
à l'image de l'Arménie.
Après l'élimination des trois boxeurs arméniens engagés
dès les premières journées, un quatrième arménien
tombait sans gloire. Sargis Sargsian (73ème à l'ATP) était
éliminé dès le premier tour du tournoi de tennis des J.O.
par le danois Kristian Pless classé pourtant à la 273ème
place au classement de l'ATP.
LA PREMIERE MEDAILLE D'OR ARMENIENNE
POUR LA RUSSIE
Ces premières alertes -qui devaient se révéler comme des
signes avant-coureurs de l'état de préparation des athlètes
arméniens- étaient ressenties comme des accidents de parcours
Ashot
Mélik-Shahnazarian remarquant relatant même à notre confrère
et ami Aharon Boyadjian, avoir vu au village olympique une vingtaine de sportifs
arméniens sous les couleurs de l'Australie, de la Grèce, de l'Allemagne,
de la Bulgarie, de l'Ukraine, de la Russie, de l'Ouzbékistan et de la
Géorgie, faire la fête ensemble. Une fête dirigé par
les " Australiens ", le champion olympique d'haltérophilie
Yourik Sarksian, ainsi que les haltérophiles Chakhoyan et Karapétian,
tous trois représentant l'Australie. Une équipe d'Arménie
qui était très vite en effervescence lorsque Karina Aznavourian
-une arménienne échappée des pogroms anti-arméniens
de Bakou en 1990- décrochait le lendemain de la fête, la médaille
d'or en épée par équipes
pour la Russie.
L'Arménie commençait a retrouver ses espoirs lors des compétitions
de l'haltérophilie, avec l'entrée en lice dans la catégorie
des 69kg, du jeune Rudik Pétrossian (19 ans). Rudik Pétrossian
battait deux records du monde Juniors (187,5 kg à l'épaulé-jeté
et 335 kg au total des deux mouvements). Déconcentré -selon l'agence
Reuters- par des téléphones portables qui sonnaient juste lors
de sa concentration pour soulever 150 kg, Rudik Pétrossian échouait
et prenait la 5ème place au classement général. Dans une
compétition dont les deux premières places furent occupées
par deux Bulgares, les disqualifications -pour dopage- d'une grande partie de
l'équipe Bulgare d'haltérophilie, laissaient espérer un
déclassement et donc une médaille de bronze pour Rudik Pétrossian.
Pourtant, malgré les attentes fondées, la disqualification des
Bulgares ne vint pas, privant l'Arménie de sa première médaille.
En natation, Dimitri Margarian, engagé dans le 50m nage libre était
éliminé dès les séries, en se classant sixième
lors de la 3ème série . Elimination également des deux
arméniennes engagées à Sydney. En athlétisme, Anna
Nasilian terminant septième dans la 5ème série des 800m
et Yuliana Mikheeva terminant quant à elle également septième
dans la 3ème série du 50m nage libre.
Le 22 septembre, alors que dans l'équipe arménienne d'haltérophilie,
l'un des favoris dans la catégorie des 77 kg, Khatchadour Kapanaktsian
était écarté pour " violation du régime sportif
", l'Arménie s'offrait sa première médaille. Une troisième
place synonyme de bronze, gagnée par Arsène Mélikian qui
totalisait 365 kg (167,5 à l'arraché et 197,5 à l'épaulé-jeté).
Mélikian qui en raison d'une contracture musculaire à la cuisse
droite laissait échapper le titre qui était sans doute à
sa portée.
Le lendemain, 23 septembre, engagé dans la catégorie des 85 kg,
l'arménien Gagik Khatchatrian se classait cinquième, juste devant
un autre arménien, Sergo Chakhoyan qui représentait l'Australie.
Une déception de plus qui suivait le même jour par l'élimination
d'Armén Mardirossian (5ème à Atlanta en 1996) au concours
de qualification du triple-saut en athlétisme. Tandis que le champion
olympique arménien (médaille d'or pour le CEI à Barcelone
en 1992) échouait également sa compétition de tir à
la carabine et prenait une 29ème place à Sydney.
En attendant l'haltérophile Ashot Daniélian, l'un des derniers
espoirs de titre olympique, les espoirs de l'Arménie se dirigeaient vers
les compétitions de la lutte gréco-romaine. Une catégorie
qui avait donnée la première et unique médaille d'or olympique
à l'Arménie à Atlanta en 1996. Mais une fois de plus, le
fiasco était au rendez-vous pour l'équipe d'Arménie. Eliminé
Vaghinag Galstian (moins de 63 kg). Dans la catégorie des moins de 76
kg, Lévon Guéghamian, champion du monde juniors (en 1995) perdait
ses deux premiers combats (dont le second contre Ara Abrahamian représentant
la
Suède) pour connaître lui aussi l'élimination sans gloire.
Rafaël Samurgashev -représentant l'Arménie- s'inclinait dans
la catégorie des moins de 97 kg dès son premier combat face au
kazak Serguei Matviyenko. Dans les super-lourds, Haïgaz Galstian subissait
également deux défaites, la première contre le champion
olympique de la catégorie, l'américain Gardner. Un autre américain,
James Gruenwald gagnait également dans la catégorie des 58 kg,
combat face à l'arménien Karen Mnatsakanian. Le même jour,
le 25 septembre, Shirak Poghossian représentant l'Arménie au saut
en longueur était également éliminé dès les
qualifications avec un saut de 7m24.
Seul espoir de la journée : la qualification pour les quarts de finale
des mouches (51 kg) du boxeur Vakhtang Dartchinian, dernier miraculé
des boxeurs arméniens, après sa brillante victoire sur le russe
Raziapov. Une joie de courte durée. Car deux jours plus tard, Dartchinian
était éliminé des quarts de finale par le kazak Jumadilov,
privant ainsi l'Arménie d'une médaille.
UNE DEUXIEME MEDAILLE D'OR ARMENIENNE
POUR LA RUSSIE
En lutte gréco-romaine, alors que Rafaël Samurgashev représentant
l'Arménie, n'accédait pas en ¼ de finale, son frère,
Vartéres Samourgashev concourant sous les couleurs de la Russie, parvenait
en finale de la catégorie des moins de 63 kg et s'emparait du titre olympique
en battant le Cubain Rivas sur le score sans appel de 8-0. " Apparemment
les Arméniens n'ont pas misé sur le bon frère " lançait
avec beaucoup d'ironie et d'amertume, notre confrère Aharon Boyadjian
sur le site internet des " Nouvelles d'Arménie Magazine " (www.armenews.com),
un site qui relayait chaque jour un journal permanent depuis Sydney.
Le 25 septembre, la communauté arménienne de Sydney -et l'Arménie-
était en effervescence, avec la compétition en haltérophilie,
de la catégorie des super-lourds (plus de 108 kg) dont Ashot Daniélien,
double champion d'Europe (1999 et 2000) était l'un des favoris. Mais
dans la compétition fort relevée, Ashot Daniélian malgré
son record du monde à l'arraché (207,5 kg), n'emportait qu'une
médaille de bronze avec un total des deux mouvements de 465 kg (207,5
kg à l'arraché et 257,5 kg à l'épaulé-jeté).
Devancé par une superbe iranien Hossein Rezazadeh qui emportait le titre
olympique avec 472,5 kg et l'Allemand Ronny Weller (467,5 kg) médaille
d'argent était troisième. Mais le 1er octobre, les agences de
presse reprenant le communiqué de Comité International Olympique,
annonçaient la nouvelle : " l'haltérophile arménien
Ashot Danielian est contrôlé positif à un anabolisant, le
stéroïde stanozolol. Il a été disqualifié et
exclu des jeux, son record du monde établi à l'arraché
(207,5 kg) rayé des tablettes. Du même coup le russe Andréi
Chmerkin, le champion olympique sortant, quatrième de l'épreuve,
récupère la médaille de bronze ". Le coup est particulièrement
dur pour l'équipe d'Arménie
Le pays est sous le choc. Incompréhension
et déception plongent Erévan dans une profonde tristesse des JO
de Sydney gâchés.
UN TROISIEME TITRE OLYMPIQUE ARMENIEN
.POUR LA BULGARIE
La tristesse de l'Arménie était également très grande,
lorsque le premier champion olympique pour l'Arménie en 1996, Armén
Nazarian devient champion olympique de lutte gréco-romaine (catégorie
des 58 kg)
pour la Bulgarie. Seul médaillé d'or pour l'Arménie
quatre ans plus tôt à Atlanta, dans la catégorie des 52
kg, Armén Nazarian avait au lendemain des Jeux Olympiques d'Atlanta,
face à l'indifférence du monde sportif et politique à son
égard, quitté l'Arménie en choisissant une nouvelle patrie
économique, la Bulgarie. Ecrasant en demi-finales le l'Allemand d'origine
turque Yildiz sur le score de 10-0, Armén Nazarian battait en finale,
le sud-coréen In-Sub Kim par 10 à 3. Aussitôt, Armén
Nazarian, se couvrait du drapeau bulgare ! Des images qui font très mal
Pourtant, sans rancune -et sans doute avec beaucoup d'indignité nationale-
les membres de la délégation arménienne, avec à
leur tête du Président du Comité Olympique Arménien,
Pénour Pachayan, entouraient Armén Nazarian pour l'embrasser et
le congratuler. A Erévan, dans les studios de la Télévision
Nationale, des commentataires sportifs demandaient déjà des comptes
à tous les responsables qui avaient laissé partir un champion
tel qu'Armén Nazarian
Une polémique qui, à n'en pas
douter rebondira aussitôt avec le retour à Erévan de la
délégation arménienne emmenée par Pénour
Pachayan.
Après la lutte-libre, les derniers espoirs étaient portés
sur la lutte libre dans lequel étaient engagés trois Arméniens.
L'un des favoris à une médaille d'or olympique, Arayik Guévorkian
(69 kg) et triple champion du monde, battait lors de son premier combat, le
grec Loïzidis (12-2). Malheureusement, Arayik Guévorkian perdait
son second combat face au russe Arséne Hintinov (Arséne Hintinian,
un arménien
) sur le score de 3-1. Archak Hayrapétian, un
autre favori de la catégorie des 63 kg battait dès le premier
combat, le biéloriusse Nikolaï Savin (7-4). Mais pour son deuxième
combat, Hayrapétian s'inclinait in-extrémis sur le score de 2
à 3, face à l'iranien Talaei. Martin Berberian (58 kg), emportait
quant à lui, son premier combat, face à l'allemand Kuhner (14-2)
puis s'offrait une seconde victoire sur l'azéri Abdullayév sur
le score de 11-1. Mais sa défaite face à l'ukrainien Buslovych
voyait ses chances de médaille s'envoler. L'Arménie était
une nouvelle fois bredouille. Pour mauvaise préparation, car la qualité
physique et morale des lutteurs arméniens pouvaient bien offrir à
l'Arménie deux à trois médailles dans cette discipline.
Pour preuve l'aisance des sportifs arméniens et leurs scores. Mais une
seule inattention, une seul petit élément de préparation,
arrivait à engloutir tous les espoirs arméniens de médaille
La médaille d'or tant attendue en haltérophilie, en boxe et en
lutte n'était pas venue. Mais les espoirs étaient -nous assurait-on
depuis Erévan- permis en kayak. Discipline dans laquelle évoluait
Vladimir Gruchikhine représentant l'Arménie. Mais Grushikhine,
parvenu en demi-finale du 1000m sprint de kayak, finissait à la quatrième
place
synonyme d'élimination. Qualifié également en
demi-finale du sprint 500m en kayak le représentant de l'Arménie
prenait une honorable quatrième place. Mais un classement qui lui interdisait
de disputer la finale de la discipline.
De son côté Hovhannès Avtandilian, se classait 38ème
(sur 42 participants) des épreuves de qualification du plongeon haut
vol (10m). Un classement qui lui barrait la route de la finale, réservée
aux dix-huit meilleurs plongeurs de la catégorie.
Les superbes cérémonies de clôture des Jeux Olympiques de
Sydney avaient un goût amer pour la sélection d'Arménie
qui devait rentrer à Erévan avec pour seule gloire, qu'une seule
médaille
et de bronze, dans ses valises. Des jeux à oublier
très très vite. Au revoir Sydney ! Bonjour Athènes.
Krikor Amirzayan
http://www.chez.com/armenie
Article paru dans Achkhar
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