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Andranik Toros Ozanian
Lorsque
l'on évoque le combat pour la libération de l'Arménie,
le premier nom qui s'impose est Andranik: comme un aigle, il vole de montagne
en montagne. Andranik Toros Ozanian est né en Arménie orientale
à une centaine de kilomètres dans l'historique Shabin-Karahisar
("la forteresse noire"). C'est à l'âge de 22 ans, ayant
perdu sa femme et ses 2 enfants, qu'il rejoignit un groupe de partisans de sa
région. Mais c'est à Constantinople, où il rejoint les
leaders de la pensée politique de l'indépendance de l'Arménie,
que s'affirme son destin. Il accepte toutes les missions qui lui sont confiées
et c'est tout naturellement qu'à la mort du leader d'un groupe de combat
Serob Aghbiur qu'il prend sa succession.
Andranik rejoignit tout d'abord le parti Hunchak. Mais des divergences avec
la politique du parti le poussèrent à quitter ce denier pour rejoindre
le parti Dashnak.
Là encore, n'appréciant pas les lignes politiques du parti, il
se désengage tout en continuant son combat. Entre 1907 et 1913, il continue
sa lutte contre l'empire ottoman et participe au mouvement de libération
bulgare. Il crée ainsi une division armée arménienne. Pour
cette initiative, il est décoré et promu officier. La Première
Guerre Mondiale lui donne l'occasion de continuer son combat contre les Ottomans.
Il retourne dans le Caucase où il combat aux côtés de l'armée
russe. En 1915, il est nommé commandant de toutes les forces des Arméniens
volontaires.
La chute de l'empire russe en 1917 et l'effondrement de l'armée qui
en résulte l'amènent à créer une armée arménienne
indépendante ayant pour objet la libération totale de l'Arménie
orientale. Nommé général en chef, il est à la tête
de plusieurs milliers d'hommes, tous volontaires. Mais c'est bien insuffisant
pour lutter seul contre la puissante armée turque aidée par les
Allemands, et il se résoud à abandonner ses attaques pour libérer
Erzeroum. La Russie ne se préoccupe plus guère que de sa propre
Révolution et l'Arménie en profite pour se libérer de la
domination Russe établie sur son territoire au XIXème siècle.
C'est la naissance de la République d'Arménie en mai 1918. Andranik,
adhère aux idées du nouveau régime russe, et désire
maintenir des relations amicales stables avec celui-ci. Mais le parti Dashnak,
dominant la politique arménienne, ne voit pas ces relations d'un bon
oeil. Cette divergence d'opinion entraîne la démission d'Andranik
du parti. La brillante défense de Zangezur (1918-19), sous le commandement
d'Andranik, marque la fin de sa carrière militaire.
L''indépendance de l'Arménie n'est qu'un rêve fugace que
l'annexion du territoire par la nouvelle Union Soviétique abolit et que
le traité de Kars achève. La lutte n'a plus de sens et il quitte
l'Arménie pour voyager en Europe puis aux Etats-Unis (Fresno, Californie,
1922) où il finit par s'installer avec sa nouvelle femme. Son nom et
sa renommée lui permettent de collecter des fonds pour aider les orphelins
arméniens.
Sa santé est défaillante, et il rejoint un sanatorium à
Chico en Californie où il meurt le 31 août 1927. Il fut enterré
au cimetière Ararat de Fresno le 7 septembre 1927. Quelques mois plus
tard, sa dépouille fut exhumée et rapatriée à Paris
au cimetière du Père Lachaise, où trône encore sa
statue, pour un second enterrement. Peu de héros furent autant acclamés
pendant leur vie que le fut Andranik.
JP Kadeyan
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