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  Le Bilan du séisme :

  Le Bilan du séisme :

La presque totalité du nord de l'Arménie (soit environ 960 000 personnes) a été touchée par le séisme.
Leninakan, la deuxième ville de la république a été transformée en un monceau de gravats, et Spitak a été entièrement éliminée. D'autres destructions significatives ont lieu à Kirovakan, Stepanavan, Ahurian, Gougassian, .... Des milliers de personnes, (25 000 selon l'URSS, mais le chiffre 100 000 est plus probable) y compris des enfants, ont péri ce jour là. 514 000 sont devenus sans abris. De grands dommages ont été causés à l'économie nationale.
L'Arménie a perdu environ 8 millions de m² de logements. Près de la moitié des écoles, 110 hôpitaux et dispensaires, 119 musées ou monuments historiques ont été détruits ou sérieusement endommagés. A Leninakan, second centre industriel, 17 des 20 grandes industries ont été entièrement détruites. Mais les grandes pertes viennent de l'agriculture. Toutes les constructions agricoles de la région ont été totalement ou partiellement détruites. Environ 80 000 têtes de bétail sont mortes. Les systèmes d'irrigation et d'approvisionnement en eau et les structures agro-alimentaires ont été sur plus de 90 000 hectares totalement détruits. L'approvisionnement en eau potable était totalement interrompu pour Spitak et considérablement réduit pour les autres villes.
Toutes les lignes de communication ont été endommagées dans la région. Deux mois ont été nécessaires pour les remettre en service. Les centrales électriques de la région, (dont la centrale nucléaire de Metsamor) ont elles ausi souffert du séisme entraînant une vaste pénurie d'énergie.

Un nouveau séisme peut-il se produire ?

Bien que la science soit encore incapable de prévenir les tremblement de terre, il faut considérer cette région comme relativement instable. Elle fait partie d'une faille géosismique s'étendant de la Turquie à l'Inde. La plaque se heurte lentement au plateau eurasien soulevant les montagnes caucasiennes. L'épicentre du séisme est situé à mi chemein entre Spitak et les massifs caucasiens. Cette zone a déja connu des tremblements de terre importants, notamment en 1899, 1920, 1926 et 1940. Plus récement la Turquie a subi un terrible séisme issu de la même faille.

Pourquoi un tel drame ? par Pierre Verluise (ARMENIE, LA FRACTURE. ed. stock 1989).

Le très lourd bilan humain du séisme du 7 décembre 1988 ne résulte pas de la seule magnitude des secousses sismiques - prévisibles à terme pour des raisons géologiques - mais de l'anticipation insuffisante de la catastrophe par les autorités soviétiques. Celles-ci n'ont pas pris en compte le risque sismique dans la construction de nombreux bâtiments, dans l'organisation et la qualité médicale des premiers secours. Le 7 décembre 1988, la compression entre la plaque arabique et la plaque continentale russe atteint des forces dépassant la résistance de la roche et provoque une rupture de la croûte terrestre se traduisant par un chevauchement de deux compartiments. La rupture, appelée faille, longue de 25 kilomètres, est visible en surface sur 8 kilomètres. Elle commence au sud de la ville de Spitak - pratiquement totalement détruite - et se dirige vers l'ouest nord-ouest. Le rejet maximal atteint 1, 5 mètre en vertical et 0, 4 mètre en horizontal. Avec un épicentre situé entre 10 et 15 kilomètres de profondeur, le séisme comporte deux secousses, à 11 h 41 et 11 h 45, respectivement de magnitude 6,9 et 5,8.
La dimension majeure de la catastrophe du 7 décembre 1988 résulte de la combinaison de deux causes essentielles. La cause principale, de très loin la plus meurtrière, est l'incapacité de nombreuses constructions à sauvegarder leurs habitants en absorbant les sollicitations du séisme, voire en ménageant des zones de survie, c'est à dire des volumes dégagés au sein des décombres. La cause secondaire réside dans les insuffisances de l'organisation et de la qualité des premiers secours. L'une comme l'autre renvoient à un déficit de priorité accordé à la vie par le système soviétique. Au vu de bilan de la catastrophe du sous-marin russe durant l'été 2000, la rupture des comportements reste relative.

Le Séisme de 1988
Les sauveteurs Français
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