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Economie : Analyse
Des réformes
macro-économiques, des politiques budgétaires et monétaires
de rigueur et une large gamme de réformes structurelles se sont traduites
depuis 1994 par une croissance soutenue du PIB en termes réels. La croissance
s'est ralentie en 1999 et a stagné cette année. En 1999, le PIB
ne représentait encore que 40 pour cent environ de ce qu'il était
en 1989. L'agriculture est le seul secteur où la production ait été
plus élevée en 1999 (de quelque 39 pour cent) qu'en 1990. Toutes
les autres branches d'activité font apparaître une contraction
marquée. L'inflation a été modérée ces dernières
années et le dram arménien est resté stable depuis 1997,
à un niveau de l'ordre de 500 à 540 drams par dollar E.-U.
L'insuffisance des transports et de l'accès aux marchés demeurent
les principaux obstacles au développement et à l'emploi. L'Arménie
est un pays sans littoral, les liaisons routières et ferroviaires directes
vers l'Azerbaïdjan et la Turquie demeurent fermées et le pays n'a
qu'une seule liaison ferroviaire allant aux ports de Poti et de Batumi, en Géorgie,
où les marchandises doivent être transbordées pour être
expédiées vers les marchés d'exportation de la CEI et d'ailleurs.
Il s'agit d'une opération coûteuse, longue et difficile à
organiser, qui accroît le coût des importations et sape la compétitivité
des exportations arméniennes. Le pays est tributaire pour la satisfaction
de ses besoins d'importations de combustibles, d'articles semi-finis, de certains
intrants agricoles et (actuellement) d'environ un tiers de ses approvisionnements
alimentaires. Des goulets d'étranglement dans les approvisionnements
en intrants nécessaires à la production industrielle et aux industries
nationales de traitement des denrées alimentaires rendent encore plus
difficile la programmation de la production et des exportations. Le marché
intérieur, exigu, ne cesse de se contracter et le pouvoir d'achat est
limité. Dépourvu de marchés d'exportation, le pays n'a
pas de débouchés suffisants pour une large part de sa production
agricole et ne peut pas exploiter d'économies d'échelle dans le
cadre des investissements dans les agro-industries et l'industrie manufacturière
qui sont indispensables pour stimuler l'emploi et accroître les revenus
des ménages et les revenus agricoles.
La transition vers une économie de marché, la pénurie
critique d'énergie, le tremblement de terre de 1988 et l'effondrement
presque total du secteur industriel se sont traduits par un sous-emploi et un
chômage généralisés qui persistent depuis dix ans.
En 1999, le chômage déclaré touchait plus de 175 000 personnes
(12 pour cent de la population active). En outre, le paiement des salaires est
très en retard, particulièrement dans le secteur étatique.
L'insuffisance des possibilités d'emploi a suscité un mouvement
d'émigration saisonnière ou totale, particulièrement d'hommes
en pleine force de l'âge partis à l'étranger à la
recherche d'un travail et d'un salaire, dont une partie est envoyée aux
familles restées en Arménie. Par suite de l'émigration,
de la baisse du taux de natalité et de l'augmentation du taux de mortalité,
la population résidente est bien inférieure au chiffre officiel
de 3,8 millions d'habitants, fondé sur une extrapolation des données
recueillies lors du recensement de population de 1989. Les estimations de la
population résidente varient, certaines étant de 3 millions d'habitants,
mais d'autres ne dépassant pas 1,7 million. La réglementation
de l'immigration en Russie de ressortissants de pays du Caucase a apparemment
eu un impact moins marqué sur l'Arménie que sur les pays voisins
et les estimations des rapatriements de fonds sont revues à la hausse.
Les fonds expédiés de l'étranger constituent un complément
important des revenus et indemnités gagnés dans le pays mais sont
difficiles à évaluer.
La privatisation est bien avancée. À la mi-1999, plus de 85 pour
cent des petites entreprises et 75 pour cent des moyennes et grandes entreprises
avaient été privatisées, mais, souvent, sans susciter les
apports d'investissements étrangers indispensables pour moderniser les
installations et les technologies et créer des emplois rémunérateurs.
En 1998, le secteur privé était à l'origine de 75 pour
cent environ du PIB et de quelque 60 pour cent de l'emploi. Plus de 98 pour
cent de la production agricole est imputable aux entreprises privées,
et leur contribution à l'activité dans les autres secteurs est
moindre. Le cadre juridique à l'intérieur duquel opère
le secteur privé a été nettement amélioré
ces dernières années mais demeure incomplet. En fait, le climat
institutionnel est encore loin d'être propice aux investissements et aux
entreprises privées.
Sources : FAO
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