Monsieur l'Ambassadeur,
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs les Élus,
Chers Amis,
En ce jour de deuil pour les Arméniens du monde entier, je tiens à vous redire, publiquement, toute l'importance que nous attachons à votre décision de commémorer, aujourd'hui 24 avril - date symbole s'il en est -, le génocide arménien de 1915, et à vous exprimer toute notre gratitude.
Nous espérons que cette première commémoration officielle du 21ème siècle et de votre mandature, deviendra, tous les ans, une tradition républicaine et que nous pourrons nous retrouver, autour de vous et des Élus parisiens et franciliens, pour nous souvenir de nos morts, pour respecter et perpétuer leur mémoire et pour y puiser suffisamment d'énergies et de force pour préparer l'avenir sur des bases à la fois claires et constructives.
Monsieur le Maire, en souhaitant l'organisation de cette cérémonie de commémoration, vous êtes resté fidèle à vos convictions, à vos engagements et à l'acte à la fois symbolique et politique que vous avez accompli, avec vos collègues Sénateurs et Députés, en votant la loi qui stipule que la " France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 " . Cette loi est devenue, depuis le 29 janvier 2001, loi de la République Française, puisque promulguée au Journal Officiel par le Président de la République et le Premier Ministre. Il appartient, maintenant, à la Turquie de reconnaître ce crime de génocide pour se mettre en accord avec son histoire, pour apurer le passé, et qu'elle engage le dialogue pour préparer l'avenir.
C'est le même 29 janvier 2001 que le Conseil de Paris a voté, à l'unanimité -pas une voix n'a manqué -, la décision d'ériger à Paris, Cours Albert 1er, une statue de Komitas dédiée à la mémoire des 1 500 000 d'Arméniens, victimes du génocide perpétré par la Turquie de 1915, et également en l'honneur des Arméniens combattants et résistants morts pour la France.
Nous venons de lancer la souscription pour la réalisation de cette statue de 4 mètres de haut, qui sera l' oeuvre du sculpteur David Erevantzi. Je ne manquerai pas de vous tenir informé de l'évolution de ce dossier et de solliciter, le cas échéant, l'assistance de vos services pour la bonne fin des travaux qui devrait intervenir, nous l'espérons, en début 2002.
Vous savez également à quel point nous sommes attachés à Paris, ville lumière et capitale universelle ! Il nous paraît donc venu le temps où l'on puisse doter notre capitale d'un véritable lieu de culture et de mémoire, à la fois conservatoire et laboratoire, pour préserver le passé et pour construire et consolider l'avenir. Un tel lieu pourra et devra être ouvert sur le monde et véhiculer l'apport et la richesse tant culturels que citoyens des Français d'origine arménienne. C'est un projet sans doute ambitieux, qui devra voir non seulement l'apport et l'implication de la Ville mais aussi de l'État et de la Région, et bien évidemment celle des organisations arméniennes de France désormais rassemblées au sein d'un Conseil de Coordination, dans le droit prolongement du Comité du 24 Avril.
Monsieur le Maire, aujourd'hui, 24 avril 2001, vous avez à peine un mois de mandature. Nous savons que le travail ne vous a pas manqué et malgré cela, vous avez consacré du temps à cette cérémonie de commémoration. Soyez-en très sincèrement et très chaleureusement remercié. Sachez que nous n'oublierons jamais ce premier 24 avril du 21ème siècle.
Lamartine disait " Ma patrie est de partout où rayonne la France, où son génie éclate aux regards éblouis ! Chacun est du climat de son intelligence : Je suis concitoyen de toute âme qui pense : La vérité, c'est mon pays ! " .
Monsieur le Maire, nous souhaitons, tous, que Paris soit la capitale de cette France-là et sachez que, vous pourrez , en permanence, compter sur nous pour la faire rayonner.
Je vous remercie de votre attention.
Paris, le 24 Avril 2001