Le Paradis en Arménie : Pendant
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sur la rue d'Islahhane. Suite...
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Gérald Papasian :
l’amant hyperactif des lettres arméniennes
Après son hommage à Zahrad et le spectacle Mesrobadon, le marathonien
franco-arménien du théâtre vient de s’attaquer avec succès à Gariné
ce samedi 23 juin à la Mairie du 9ème à Paris
Avec un spectacle différent chaque mois, Gérald Papasian est un artiste complet dévoué à toutes les cultures, mais il est aussi un merveilleux ambassadeur des lettres arméniennes, entre théâtre, poésie et littérature. Son secret ? Enfant, il rêvait déjà de brûler les planches.
Virginie Tarpinyan pour :
A travers le spectacle de Mesrobadon était-ce pour vous le seul moyen de présenter la littérature et la poésie arménienne à l’occasion de l’année de l’Arménie ?
Gérald Papasian : Oui, pour moi l’Année de l’Arménie était une très bonne occasion de montrer notre culture, notre Art avec ses multiples facettes. Et en tant qu’homme de théâtre, présenter les œuvres théâtrales et littéraires m’intéresse et surtout la poésie arménienne. Je suis aussi attiré par l’opéra et l’opérette, ce monde est actuellement peu représenté dans les manifestations de l’Année de l’Arménie. Nous avons toujours des danses folkloriques, de la musique et des chants folkloriques, des expositions - magnifiques d’ailleurs comme celle du Louvre – des conférences mais peu de place est consacrée au théâtre en raison de la barrière de la langue. Pour moi, le travail de traduction est important et c’est encore plus intéressant de le faire jouer par des artistes professionnels français et découvrir « une nouveauté » dans leur interprétation. En même temps, il s’agit de faire découvrir au public ses œuvres qui sont restées un peu derrière « l’inaccessibilité » de la langue.
VT : Etait-ce pour la même raison que vous avez repris Le Chant d’Ararat votre spectacle phare avec Nora Armani, dix ans après votre dernière représentation à Paris au mois d’avril dernier ? GP : Oui, effectivement, ce n’est pas la seule chose que j’ai réalisée. Cette année, le 20 et le 28 avril, nous avons repris Le Chant d’Ararat après l’avoir joué à peu près pendant une dizaine d’années sur les scènes du monde entier. Depuis, on avait mis cette pièce un peu « entre parenthèses ». Et je vous avoue que je ne pensais pas devoir le jouer à nouveau. Un beau jour, j’ai reçu une invitation du Pasteur Gilbert Léonian pour la présenter au Théâtre National de la Criée à Marseille. J’ai profité de l’occasion pour organiser une soirée exceptionnelle à Paris à l’Eglise Catholique Sainte Croix des Arméniens. C’était l’opportunité pour nous de faire écouter la poésie arménienne traduites en français à un public non averti que ce soit pour des arméniens maîtrisant peu la langue, le public français ou encore des amis. D’ailleurs, j’avais ce soir-là beaucoup de gens de mon entourage théâtral français, comédiens, metteurs en scène etc.
VT : C’était une prestation exceptionnelle. On n’avait jamais vu la poésie arménienne présentée sous cette forme. Un montage intéressant, très réussi, réunissant certaines des meilleures pièces qui présentent l’ensemble de votre poésie et joué avec tant de virtuosité, de vécu et de sincérité. Pas étonnant que vous ayez reçu des éloges de la presse mondiale et des Prix équivalent aux « Molières » en Californie. On espère donc que ce ne sera pas l’unique reprise mais qu’on aura la chance de vous revoir à Paris pour ce spectacle. G.P. : J’espère bien continuer carj’estime que l’Année de l’Arménie n’est pas une fin en soi mais un tremplin pour passer à autre chose.
VT : Il est vrai que avant même la fin de l’Année de l’Arménie vous venez de terminer également un projet qui était en cours sur lequel vous travailliez depuis longtemps sur Paris. Pouvez-vous nous en parler ? G.P. : Nous venons de présenter en version concert, mise en espace, l’opérette le plus populaire de Dikran Tchouhadjian Gariné connu sous le nom original de Lélblébidji Hor-hor Agha que nous avons préparé depuis longtemps. Nous avons eu un chœur sur scène, des solistes lyriques français, des amis comédiens professionnels qui faisaient partie de la troupe d’Irina Brook avec qui j’ai beaucoup travaillé. Le tout traduit pour la première fois et adapté en français par moi-même. Ca s’est passé à la Salle Rossini dans la Mairie du 9ème arrondissement dans la soirée du samedi 23 juin 2007 (voir encadré). Pour en revenir aux auteurs que nous avions présentés à Clamart Hagop Baronian et Yervant Odian, Gariné est aussi une comédie légère, une opérette très agréable, gaie et amusante. C’était aussi mon intention de présenter une facette des arméniens heureuse et gaie, moins « pleurnicharde » et moins « plaintive ». Le public s’est amusé à fond et a découvert l’opérette pendant deux heures et quart avec ses musiques fabuleuses de Dikran Tchouhadjian entre l’Orient et l’Occident, entre l’Asie et l’Europe.
VT : En dehors des manifestations de cette année, vous avez votre carrière professionnelle. Vous venez de tourner au cinéma 8th Wonderland, vous avez un emploi du temps chargé. Vous menez une double vie dans le cadre hors arménien, vous venez de terminer le Chant d’Ararat, Mesrobadon. Mais comment vous en sortez vous ? G.P. : Vous avez raison (en riant) entre les deux représentations de Chant d’Ararat, entre Marseille et Paris, j’ai même réussi à donner une conférence sur Aïvazovski, peintre maritime du XIXème siècle et ses rapports avec le théâtre et la poésie arménienne au Musée de la Marine.
VT : Et après Gariné, quelles autres projets avez-vous ? G.P. : Tout de suite après, une semaine plus tard, je vais à Avignon où l’on reprend une production, déjà réalisé les deux étés derniers aux différents Festivals sous la Direction d’Irina Brook. Il s’agit du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare joué en plein air par 6 comédiens jouant 24 rôles. Nous allons jouer 3 semaines à Avignon pendant tout le mois de juillet et il y a une tournée de prévue entre septembre 2007 et mai 2008 avec probablement quelques semaines à Paris dans le cadre des Bouffes du Nord.
VT : Comment le public accueille-t-il ce spectacle ? G.P. : Irina Brook a créé un spectacle très ludique, très amusant, distrayant destiné aux enfants aussi bien qu’aux adultes. Ca se termine sur une ambiance joviale de fête estivale dans les bois, sur l’herbe avec beaucoup de bonne humeur, de gaieté et de réjouissance.
VT : Est-ce la première fois que vous travaillez avec Irina Brook ? G.P. : J’ai travaillé avec Irina Brook la première fois, il y a 3 ans. Elle a monté La bonne âme de Setchouan de Berthold Brecht avec en rôle principal Romane Bohringer. Nous avons tourné pendant dix mois avec cette représentation. Et nous avons joué six semaines au Théâtre de Chaillot. Et puis, Irina Brook a monté Jules César en Egypte, l’opéra de Haendel au Théâtre des Champs-Élysées en octobre dernier. Elle a inclus dans sa mise en scène 6 comédiens dont j’ai fait partie à côté des chanteurs lyriques. Le songe d’une nuit d’été continue sa route, je suis ravi car je joue deux rôles Démetrius et Bottom. Je continue à travailler dans le domaine arménien. Il y a des publications des œuvres de Vahan Tekeyan, mon poète préféré, que j’ai traduit en anglais et que nous allons bientôt publier en version bilingue arménien/anglais. Nous allons également diffuser des CD et DVD en anglais et en français du Chant d’Ararat à l’occasion de la XXème anniversaire de sa création. Le projet est en cours. J’aimerais bien publier éventuellement les comédies de Baronian en anglais et en français traduit par moi-même ou d’autres traducteurs que j’ai trouvé. Et en dernier lieu, il y a dans les projets la préparation de l’opéra Anoush (si ça se réalise se sera la 3ème fois que je la met en scène). Ce sera dans un lieu très inattendu. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment, je vous réserve la surprise…
GERALD PAPASIAN EN QUELQUES DATES
1952 : Naissance en Egypte dans une famille d’artistes arméniens. 1976 : DEA Théâtre – Jeu et mise en scène à l’Institut d’Art Dramatique. 1980 : Mise en scène de l’opéra Anoush d’Armen Tigranian au Michigan Opera Theatre, USA. Il s’installe et travaille à Hollywood où il travaille jusqu’en 1990. 1986 : Co-auteur du Chant d’Ararat (spectacle de poésies arméniennes) dans lequel il joue avec la comédienne Nora Armani. Grand succès au Festival International d’Edinburgh, d’Avignon et tournée mondiale. Primée deux années de suite aux « Dramalogue awards » (l’équivalent du « Molière » en français). 1990 : S’établit en France. 1997 : Création du Centre de Recherche Dikran Tchouhadjian* pour la réhabilitation et la diffusion du patrimoine théâtral arménien. 1998 à 2001 : Restauration et publication de la version originale de l’Opéra Arshak II de Dikran Tchouhadjian. 2000 : Traduction en français et mise en scène de la comédie satirique d’Hagop Baronian Tarpanigos, dentiste pour dames aux théâtres Firmin Gémier et Déjazet. 2001 : Production d’après l’œuvre originale de l’opéra Arshak II à l’opéra de San Fransisco en première mondiale avec Hasmig Papian et Nora Gubish . 2001 : Mise en scène d’Anoush au Michigan Opera Theatre, avec Hasmig Papian et Aline Kutan.
PASSEUR DE CULTURE
De Shakespeare à Irina Brook, en passant par Baronian
Difficile de dresser une liste exhaustive des pièces du répertoire français et international que Gérald a interprétées : Les Fourberies de Scapin au Château de Grignan et Le Revizor de Nicolaï Gogol mise en scène François Kergoulay, La Bonne âme de Setchouan de Berthold Brecht mise en scène par Irina Brook, Peines d’amour perdues de Shakespeare mise en scène de Simon Abkarian, Mesure pour mesure de Shakespeare mise en scène Habib Naghmouchin, Songe d’une Nuit d’Eté de Shakspeare mise en scène d’ Irina Brook au Théâtre des Bouffes du Nord (Avignon 2007 et en tournée pour la Saison 2007-2008). Côté arménien, l’Année de l’Arménie a confirmé Gérald Papasian dans son rôle d’ambassadeur culturel. Le 13 mai dernier était présentée sur l’impulstion enthousiaste d’Hilda Kalfayan-Panossian, présidente de l’Association Machtotz, le Centre de Recherche Dikran Tchouhadjian et la participation de la Municipalité de Clamart, une soirée franco-arménienne originale. La première partie invitait à découvrir Mesrobadon (Fête de Mesrop) une création inédite du poète contemporain Zareh Khrakhouni dans une adaptation scénique nouvelle sur les origines de l’alphabet arménien. Gérald Papasian avait conçu une mise en scène avec une vision moderne et innovante. Les comédiens évoluaient sur une scène derrière un voile transparent symbolisant l’Ararat sur lequel étaient projetées des images artistiques en voix-off. Dans la deuxième partie, un hommage a été rendu au poète Zahrad disparu le 24 février dernier. Puis, une présentation en français de la richesse de la littérature et de la poésie arménienne à travers des extraits de scènes choisies de comédies traduites en français de Hagop Baronian et Yervant Odian. Scènes interpétées avec Brio par quatre comédiens professionnels : Virginie Bianchini, François Kergoulay, Antoine Seguin et Gérald Papasian. Le public était conquis.
A l’occasion de l’Année de l’Arménie, il a repris le Chant d’Ararat à Marseille (le 20 avril) à Paris (le 28 avril) et sort des CD et DVD en album souvenir à l’occasion du 20ème anniversaire de sa création.
Pour tout renseignements pour les CD et DVD du « Chant d’Ararat »,
Contact : *Centre de Recherche Dikran Tchouhadjian, Directeur Gérald Papasian
4, rue Baudelique
75018 PARIS
Tél : 01.42.64.48.95 ou 06.63.77.41.57 crdt@noos.fr ou gpapasian@yahoo.com