|
Le Golgotha Arménien
Titre
: LE GOLGOTHA ARMENIEN, Berlin-Deir es-Zor, TOME 2
(avril 1916-janvier 1919)
Titre original en arménien : Haï Goghotan
Auteur : Monseigneur Grigoris Balakian
Traduit de l’arménien par : Hratch Bedrossian
Biographie : Jacques Mouradian
Editeur : Le Cercle D’Ecrits Caucasiens
Genre : Mémoires, deuxième tome
Couverture : : « Création », huile sur
toile d’Archak 300x200, 1977 (Musée National de Erivan)
Maquette par : Azat Pogosian
Ref : ISBN 2-913564-10-0 (éd.complète)
ISBN 2-913564-14-3 (volume II)
Prix : 28,03 euros
Disponible à la Fnac fnac
et dans les librairies.
Dans cette deuxième partie et fin de ses Mémoires consacrés
au génocide des Arméniens par le gouvernement des Jeunes-Turcs
(déjà laïque en 1908-1918, on ne le dira jamais assez !),
Grigoris Balakian retrace la période entre le printemps 1916, lorsque,
sûr et certain de ne pas en réchapper, il s’enfuit de la
caravane de déportés arrivée à Islahiyé après
une harassante marche à pied du nord au sud de l’Asie-Mineure,
et l’hiver 1918, lorsqu’il quitte la Turquie où il assiste
à des événements qui ne lui laissent rien présager
de bon pour l’avenir. Durant ces deux ans et demi, conscient de l’extrême
gravité de la situation et de la volonté des Jeunes-Turcs d’effacer
toute trace des Arméniens de leur terre ancestrale, même de ceux
bénéficiant de la toute relative protection des Allemands qui
les emploient à la construction du chemin de fer de Bagdad, il va changer
plusieurs fois de cachette et d’identité pour échapper aux
recherches, puis à la déportation et à l’assassinat
dont seront victimes les quelques 13000 employés et ouvriers arméniens
des chantiers des tunnels dans les montagnes de l’Amanus et du Taurus,
en dépit des nombreuses protestations des ingénieurs-géomètres
allemands, autrichiens et suisses adressées au quartier général
allemand de Constantinople et de leurs tentatives de les sauver.
Comme dans la première partie, Grigoris Balakian ne se contente pas de
rapporter les événements, il se livre avec lucidité à
leur analyse, une analyse qui des années, voire des décennies
plus tard sera faite par des chercheurs et des historiens. Cette lucidité
s’accompagne d’un franc-parler et d’un langage souvent virulent
qui leur sont propres. Il ne mâche pas ses mots à l’endroit
ni des Turcs, ni de leur alliés allemands qui assistent passivement à
l’extermination des Arméniens, ni plus tard des vainqueurs dont
les turpitudes, les compromissions, les trahisons le révoltent dès
le lendemain de l’armistice. Impartial et objectif, il stigmatise aussi
les siens, les uns pour leur naïveté, les autres pour leur impéritie,
d’autres encore pour leur ignoble collaboration avec les bourreaux de
sa nation et contre lesquels, tout homme d’Eglise qu’il soit, il
prononce une condamnation sans appel totalement dépourvue de pardon chrétien.
Hratch BEDROSSIAN
Grigoris Balakian était de ces religieux particuliers à l’Eglise
arménienne apostolique qui ont fait vœu de célibat, deviennent
docteurs en théologie, fournissent les cadres de la hiérarchie
et se distinguent de la catégorie subalterne et (en principe) moins instruites
des prêtres séculiers desservant les paroisses (généralement)
rurales.
Il naquit en 1875 à Tokat, l’antique Comana Pontica, à 250
km à l’est d’Angora (Ankara).
Il mourut subitement le 8 octobre 1934, probablement sans avoir donné
toute sa mesure. Il avait cinquante-cinq ans. Il repose au cimetière
de Saint-Pierre à Marseille.
Extrait de la biographie de Jacques Mouradian
|