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La langue arménienne dans le monde
Plus de 3000 langues parlées dans le monde, dont l'arménien
Notre planète est une tour de Babél !
Avec ses quelque 3 000 langues disctinctes qui ne constituent qu'une infime
partie des langues parlées par l'homme depuis son origine, le monde est
un espace o? se cttoient des milliards d'individus qui s'expriment en langues
ou dialectes souvent incompréhensibles en dehors des groupes humains
de la même ethnie ou du même peuple.
Des cinq continents, c'est en Afrique que les langues sont les plus nombreuses
(plus de 1 100), l'Europe arrivant en dernière position avec seulement
une soixantaine de langues distinctes.
Cependant, toutes ces langues n'ont pas les mêmes poids démographiques.
Par exemple, si plus de 260 millions de personnes parlent l'Anglais en Amérique
du Nord, à peine 250 000 indiens d'Amérique parlent encore de
nos jours plus de 50 langues.
En Amérique du Sud, seules 50 des 250 langues repertoriées, sont
parlées par des groupes de plus de 10 000 personnes. Ce phénomène
n'étant pas le seul fait du continent Américain, on compte par
exemple au Gabon (Afrique), pas moins de 40 langues pour à peine 900
000 habitants.
Des plus de 3 000 langues parlées sur terre, une centaine seulement est
utilisée par plus d'un million d'individus, totalisant néanmoins
près de 90% de la population totale du globe. Le reste, soit à
peine 600 millions d'hommes, partageant les quelque 2 900 langues restantes.
Le chinois au premièr rang des langues, l'arménien, soixantième
Les langues les plus parlées dans le monde sont le Chinois (1 100 millions),
l'Anglais (500), l'Hindi-Urdu (480), le Russe (290), l'Espagnol (280), l'Arabe
(240), l'Indonésien-malais (220), le Portugais (180), le Bengali (175),
le Français (140), le Japonais (120), l'Allemand (110). Le Turc parlé
par près de 80 millions de personnes occupe la quinzième position
des langues les plus ultilisées de la terre.
L'Arménien arrive à la soixantième place (7 millions),
devant le Danois (5), le Norvégien (4), l'Hébreu (4) et le Géorgien
(4).
L'Anglais, langue officielle dans 47 pays, arrive en tête du classement
des langues internationales, suivi par le Français (26 pays), l'Arabe
(21), l'Espagnol (19), alors que le Chinois est officiel seulement dans trois
pays (Chine, Singapour, Ta?wan).
Parmi les familles linguistiques, l'Indo-européen est la famille dominante,
parlée par près de 2,6 milliards d'individus, soit un peu moins
de la moitié de la population totale de la terre.
Ce vaste ensemble Indo-européen représentant plus de 200 langues,
se subdivise en sous-groupes beaucoup plus homogènes, classés
en branches latines, germaniques, celtes, baltes et iraniennes. Dans cette grande
famille des langues Indo-européennes, l'Arménien fait curieusement
partie des langues isolées. Au même titre que le Grec ou l'Albanais.
Certains linguistes apparentant l'Arménien au Phrygien, langue aujourd'hui
disparue et dont les originens se trouveraient dans les Balkans.
L'arménien, le plus riche des alphabets anciens avec 38 lettres est
aujourd'hui l'un des 25 derniers alphabets distincts
De toutes les langues de la planète, à peine plus d'une centaine
sont des langues écrites (avec écriture en support) en 25 systèmes
d'aphabets distincts.
Le Chinois est le plus utilisé (1,1 milliard) suivi de l'alphabet cyrillique
(300 millions), du Devangari (250) l'Arabe (240) et le Japonais (220).
Avec sept millions d'adeptes de l'alphabet de Machdots, l'Arménien arrive
en dix-neuvième position mondiale des écritures les plus utilisées.
Mais avec ses 38 lettres, l'Arménien est le plus riche des alphabets
anciens, précédant le Géorgien (33 lettres), l'Arabe (28),
le Grec (24) et l'Hébreu (22). Les Chinois utilisant quant à eux
près de 30 000 idéogrammes.
Quel avenir pour les langues ?
Le progrès technique, l'éduction et la mondialisation des phénomènes
économiques, sociaux et culturels, finiront-ils par estomper les barrières
linguistiques et uniformiser les langues ? Certaines langues inadaptées
aux progrès technologiques d'un monde en mutation, seraient menacées
de disparition à court terme. Car si la langue n'est plus le support
d'une puissance démographique, économique ou politico-industrielle,
elle cesse d'exister ! L'échec de l'esperanto en est la preuve la plus
éclatante.
Ainsi, selon les spécialistes, des milliers de langues qui ne bénéficient
d'aucun support écrit, vont disparaître dans les deux siècles
futurs. L'une des phases de cette disparition serait le bilinguisme. Pratiqué
sur une longue période, le bilinguisme aboutirait tout simplement à
l'écrasement puis la disparition de la langue d'origine, au profit de
la langue d'adoption. Certains linguistes comparent cette assimilation, à
la victoire d'une culture sur une autre. Une victoire redoutable, car définitive...
Notons enfin que la langue victorieuse n'est pas forcément la plus riche
ou la plus belle.
Cependant, le bilinguisme n'est pas une fatalité s'il s'accompagne d'une
conscience nationale et de valeurs culturelles fortes. L'attrait pour les langues
étrangères dominantes, n'est jamais désintéressé.
Ainsi, pendant l'occupation Allemande, le nombre de jeunes Français ayant
choisi l'Allemand comme langue vivante dans les écoles, avait progressé
rapidement; les parents ayant perçu l'importance de la langue de Goethe,
pour l'avenir de leurs enfants !
Ce phénomène pouvait se comparer, il y a peu, à la progression
des écoles Russes en Arménie.
Langue antique, l'arménien reste une langue vivante
Les langues des cultures les plus brillantes de l'antiquité, comme l'Egyptien,
le Phénicien, l'Etrusque ou le Hittite, ont à jamais disparu.
Le Latin, lâché par l'Eglise catholique en perte de vitesse, est
devenu une langue morte.
Venant de la haute antiquité, après avoir traversé l'ère
du christianisme, l'Arménien est toujours une langue vivante. Plus que
la langue, l'alphabet Arménien occupe une place privilégiée
dans le cercle restreint des écritures utilisées à travers
le monde. Cette richesse écrite, peu de peuples la disposent. Il n'y
a pas d'alphabet Américain, Français ou Italien. Il y a en revanche,
un alphabet Arménien propre à la nation arménienne.
Ce constat doit nous pousser à renouer nos liens avec l'oeuvre de Mesrob
Machdots, afin de découvrir et transmettre aux générétions
diasporiques futures, ce joyau inestimable du patrimoine arménien qu'est
l"A?poupéne" (alphabet Arménien).
Le poète Barou?r Sévag écrivait "Nous sommes peu,
mais on nous appelle Arméniens". Nous représentons, il est
vrai, qu'un peu plus du millième de la population mondiale. Mais notre
alphabet original fait partie des seuls 25 derniers alphabets utilisés
dans le monde.
C'est dans doute cette richesse culturelle extraordinaire de disposer d'un alphabet
propre qui fait aussi l'originalité de la culture arménienne.
Un particularisme qui est une force de différence dans un globe enclin
à la mondialisation et l'uniformisantion des modes de vies et des cultures.
Nous sommes peu, mais nous avons l'Arménien ! Aprenons à l'utiliser
plus souvent.
Krikor Amirzayan
http://www.chez.com/armenie/
Cet article a paru dans de nombreuses publications arméniennes dont
"France-Arménie" (mensuel-Lyon. janvier 1986), "Arménia"
( quotidien arménien de Buenos Aires, en espagnol, 11 mars 1986), "L'Arc-en-Ciel
Arménien" ( mensuel-Marseille. numéro 5- Octobre 1991), "Navassart"
(mensuel culturel arménien de Los Angeles- numéro 128 mars 1993),
"Abaka" (hebdomadaire-Canada. numéro 1004 du 11 septembre 1995),
"Tidag-Scope International" (mensuel arménien de Beyrouth-
numéro 17, septembre 1997).
Il est aussi présent sur l'exellent site de l'ACAM
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